Carthage tome 1, la critique BD
Sur le parvis du Tophet, cimetière sacré de Carthage la Punique, des nouveaux-nés sont régulièrement sacrifiés pour les divinités phéniciennes Tanit et Baal Hammon. Ceux d’entre eux qui survivent sont destinés à rejoindre le mystérieux et redouté corps d’élite des Enfants de Tanit…
Jolkmar et un ami, tous deux sénateurs assistent à la cérémonie du Molk qui consiste à sacrifier des nouveau-nés en offrande à Tanit et à Baal Hammon. Une scène qu’ils ne supportent plus. Ils voudraient mettre un terme à cette pratique de sauvages. Seulement les grands prêtres de Baal ne sont pas prêts de l’abandonner. Et même si certains nouveau-nés ressortent vivants, ils ont toujours les cordes vocales tranchées. Cependant ces enfants qui rejoignent le corps d’élite des Enfants de Tanit sont censés être de redoutables guerriers. Pour Jolkmar, en tout cas ce n’est pas une raison ; d’autres hommes bien armés peuvent aussi bien faire l’affaire. Il a donc décidé de se battre pour en finir avec ce rituel en en faisant part à certains sénateurs. Pour appuyer son opinion, Jolkmar affirme que la diplomatie et l’économie sont des armes bien plus redoutables que les guerriers de Tanit qui sont peu nombreux. Mais au Sénat, le débat qui est à l’ordre du jour, c’est le commerce de Carthage qui est menacé par les romains. Pour éviter toute guerre avec ces derniers et éviter de perdre leurs navires de commerce, un sénateur propose d’envoyer une troupe en Sicile afin de soutenir leurs alliés et rétablir leur autorité. Elle sera commandée par Hamilcar, commandant en chef de l’armée carthaginoise. De plus pour mener le combat, ils enverront les enfants de Tanit. Ainsi, les carthaginois pourront commercer comme dans le passé. Pour Jolkmar c’est de bon augure car si les enfants de Tanit ne sortent pas victorieux contre les romains, leur réputation sera anéantie. Jolkmar prend d’ailleurs très à cœur la cérémonie des sacrifices car sa femme attend un enfant et il ne voudrait pas le perdre. C’est pourquoi il tient à mettre fin à ces scènes macabres et surtout parce qu’il l’a promis à sa femme.
UNE DESTINÉE SANS ISSUE
Quelques mois plus tard, Hamilcar fait parvenir une missive au Sénat en stipulant qu’il a écrasé une légion en Sicile et prétend pouvoir remonter vers l’Italie du Nord. Une bien mauvaise nouvelle pour certains sénateurs et Jolkmar qui avait misé sur sa défaite. Pour le moment la seule solution pour porter préjudice à Hamilcar est de retarder le vote des sénateurs pour l’envoi des renforts. Mais Hamilcar est très rusé, de plus il soutient les enfants de Tanit. Pour induire les romains en erreur, il a été jusqu’à envoyer des messagers dans la gueule du loup afin qu’ils délivrent de fausses informations à leurs ennemis. Les romains ignorent donc beaucoup choses au niveau de l’armée carthaginoise. Jolkmar propose alors de renseigner le camp adverse afin qu’il vienne à bout d’Hamilcar et de son armée. Les sénateurs décident d’envoyer une missive au Sénat Romain par l’intermédiaire d’un messager qui la portera anonymement. Pendant ce temps, en Sicile le sénateur et le commandant en chef des armées romaines sont en pourparlers. Le sénateur pense qu’il faut utiliser les nouvelles informations qui viennent de leur parvenir sur leurs ennemis. Mais le centurion préfère suivre sa propre intuition d’autant que selon le rapport de ses éclaireurs, les troupes carthaginoises seraient composées de moins d’un millier d’hommes. Il pense donc, avec sa tactique, en finir rapidement. Mais le jour du combat tout ne se passe pas tout à fait comme l’avait prévu le centurion romain et son armée est obligée de battre en retraite. La victoire revient alors de nouveau au général Hamilcar. Cependant ce dernier reste pessimiste et il sait que même si jusqu’à présent le cours des évènements est en sa faveur, les forces romaines sont puissantes et peuvent facilement reprendre le dessus. Il ordonne alors d’envoyer une missive sollicitant des renforts. Une aide cette fois-ci accordée par le Sénat. Mais Jolkmar n’a pas dit son dernier mot et va jusqu’à traiter avec un romain afin que les renforts soient détruits en chemin. Les romains prendront-ils cette fois le dessus ? Et les évènements qui suivront permettront-ils à Jolkmar de sauver son enfant ou de le perdre à jamais ?
UNE PARTIE DE L’HISTOIRE PEU ABORDÉE ET DE CE FAIT INTÉRESSANTE !
Le premier tome de la nouvelle série « Carthage » intitulé « Le souffle de Baal » scénarisé par Grégory Lassablière (« Bravesland » chez Soleil) ainsi que par Fabrice David (« Les voies du seigneur » chez Soleil), dessiné par Mauro De Luca (« Soltrois » aux Humanoïdes associés) et colorisé par Romain Lubière, nous immisce dans le conflit qui oppose les carthaginois et les romains en Sicile : « Première Guerre Punique » qui a débuté en 264 av. J.-C. et qui s’est terminée en 241 av. J.-C. Le sujet principal reste les sacrifices des nouveau-nés. Ils sont pratiqués au « tophet de Carthage » ou « tophet de Salammbô » qui était un endroit sacré dédié aux divinités phéniciennes, Tanit et Baal Hammon (grand couple divin protecteur de Carthage), situé dans le quartier carthaginois de Salammbô, non loin des ports puniques. En ce qui concerne Hamilcar, il est né en 290 av. J.-C. et mort entre 229 et 228 av. J.-C.. Il eut un fils dénommé Hannibal qui devint plus tard général et homme d’État carthaginois. Il déclencha la « Seconde Guerre Punique » en 219 av. J.-C.. Dans la bande dessinée, il a survécu à la cérémonie du Molk. Dans ce premier tome, on découvre un scénario qui a dû demander pas mal de documentation aux deux scénaristes Grégory Lassablière et Fabrice David car certains évènements et personnages sont réels mélangés à de la fiction. Ce qui n’est pas étonnant puisque tous deux, ayant déjà collaboré notamment pour la série « Bravesland » aux éditions Soleil, sont passionnés entre autre par l’histoire. Le sujet traité est en tout cas intéressant parce qu’il traite d’une partie de l’histoire peu abordée et qu’il permet d’élargir ses connaissances. Mauro De Luca pour illustrer ce conflit nous sert un dessin soigné avec une couverture frappante. Pour le reste l’ensemble est classique. Le premier tome de « Carthage » est donc captivant du point de vue historique et des aventures fictives des personnages qui se construisent autour. Un album que vous pouvez d’ores et déjà découvrir puisqu’il est disponible depuis le 23 juin 2010.
Couverture : © Soleil, Grégory Lassablière, Fabrice David, Romain Lubière
| FICHE TECHNIQUE | |
| Parution | - |
| Sens de lecture |
- |
| Genre | Aventure, histoire |
| Nombre de pages |
48 |
| Editeur | Soleil |
| Scénariste(s) |
Grégory Lassablière, Fabrice David |
| Dessinateur(s) |
Mauro De Luca |
| Coloriste(s) | Romain Lubière |
| Public concerné |
+16 |
| Prix |
13,50 euros |
| Date de sortie |
23 juin 2010 |
| Site officiel |
soleilprod.com |
