Fiche technique

Sens de lecture : -
Genre : , ,
Nombre de pages : 186
Editeur : (Collection Métamorphose)
Scénariste(s) :
Dessinateur(s) :  
Coloriste(s) : Benjamin Lacombe
Public concerné : +16
Prix : 27,50 euros
Date de sortie : 2 décembre 2009
Site officiel : soleilprod.com

 Contes Macabres : critique BD  Contes Macabres : critique BD

contesmacabres Contes Macabres : critique BDÀ l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Edgar Allan Poe (1809-1849), les éditions Soleil et le dessinateur Benjamin Lacombe, vous proposent une édition inédite intitulée «Les ». Sept célèbres nouvelles d’Edgar Allan Poe y figurent. «Bérénice» publiée pour la première fois en mars 1835 puis sous une nouvelle version en 1845. La nouvelle fut traduite une première fois 1852, puis sa traduction définitive parut en 1857. «Le Chat Noir» (titre original : «The Black Cat» ) fut publiée le 18 août 1843 et sa version définitive est parue en 1845. La traduction définitive française, faite par Beaudelaire, fut éditée le 13 novembre 1953. « L’île de la Fée » (titre original : «The Island of The Fay») est parue en juin 1841 et traduite en français en 1855. «Le Cœur Révélateur» (titre original : « The Tell-Tale Heart ») est parue pour la première fois en 1843 et la traduction française fut publiée en 1853. «La chute de la Maison Usher» (titre original : «The Fall of the House of User») est parue en 1839 et a été traduite en français en 1855. «Le Portrait Ovale» (titre original : «Life in Death») fut publiée en 1842 et la traduction française est parue en 1855. Et enfin «Morella» fut publiée en 1835 et la nouvelle traduction en français, faite par Beaudelaire, en 1853. Voici le résumé de ces sept  :

«BÉRÉNICE» ET «L’ÎLE DE LA FÉE»
La nouvelle « Bérénice » dépeint l’histoire d’un homme nommé Egaeus, plongé la plupart du temps dans ses méditations, vivant ainsi hors du monde extérieur. Il se souvient de son enfance avec Bérénice, sa cousine, ayant grandis ensemble dans le manoir famillial. Il la décrit comme une jeune femme joyeuse et de toute beauté. Devenu adultes, Egaeus et Bérénice ont pour projet de se marier. Mais la jeune femme tombe malade et peu à peu perd de sa splendeur. Elle est pâle, d’une extrême maigreur, avec des yeux sans vie et vitreux et une bouche recroquevillée. Effrayé par son apparence, Egaeus a tout de même une fascination obsessionnelle et étrange pour ses dents blanches, seules à être restées intactes. Bérénice vient à mourir et est enterrée dans la propriété. Peu de temps après, un domestique vient prévenir Egaeus, plongé comme à son habitude dans ses pensées, que la sépulture de Bérénice a été violée et que son corps est défiguré. Il constate alors avec terreur qu’Egaeus est recouvert de sang…
L’île de la Fée conte les aventures d’un homme aimant faire des virées dans la nature, pour la contempler. Il se retrouve un jour du mois de juin, lors de l’une de ses balades solitaires, dans une région fort lointaine, surplombée de montagnes et  entourée de rivières et de lacs. Il y admire alors les merveilles de la nature et se met à rêvasser. Non loin de là se trouve une île magnifique et l’homme se met à imaginer qu’elle est peuplée de fées gracieuses dont la vie est fragile. Perdu dans ses pensées, les yeux mi-clos, il aperçoit alors une fée, près de l’île, se tenant droit sur un canot. Est-ce une hallucination ou un être réel ?

«LA CHUTE DE LA MAISON USHER»
«La chute de la Maison Usher» narre le séjour du meilleur ami de Roderick Usher dans la maison de ce dernier. Roderick, très malade, a en effet insisté pour que son compagnon vienne à son chevet. Lady Madeline, la sœur de Roderick est, elle aussi, mourante et peu de temps après l’arrivée de l’ami de son frère, elle décède. Roderick étant maintenant l’unique héritier de la famille Usher, décide de conserver le corps de Lady Madeline quinze jours puis demande à son ami de l’aider à le mettre en bière et de le déposer dans le caveau familial. Quelques jours plus tard, durant une nuit d’orage, Roderick, ne trouvant pas le sommeil, rejoint dans sa chambre son ami qui, toujours hanté par la vision du corps sans vie de Lady Madeline, n’arrive pas non plus à dormir. Pour passer le temps, ce dernier décide de lire à Roderick un de ses romans favoris. Mais plusieurs fois au cours de sa lecture, il est interrompu par un bruit sourd et inquiétant. Il pense que Roderick ne l’a pas entendu, mais ce dernier assis dans son fauteuil, inerte, les yeux rivés sur la porte de la chambre comme s’il s’attendait à ce qu’elle s’ouvre brusquement, sait pertinemment d’où proviennent les bruits et ce qui en est la cause…

«LE CHAT NOIR»
«Le Chat Noir» retrace la déchéance d’un homme d’une très grande bonté, apprécié de son entourage et aimant les animaux. Tout commence après son mariage avec une jeune femme qui partage sa passion. Pour le jeune couple tout se passe dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où ils adoptent un chat entièrement noir nommé Pluton. Le mari et Pluton, très attachés l’un à l’autre, ne se quittent plus.  Mais au fur à mesure, le caractère de l’homme change petit à petit. Il s’adonne à l’alcool et devient de plus en plus violent. Il bat alors tous ses animaux puis s’en prend à sa femme, mais laisse Pluton tranquille. Cependant, un jour, agacé par l’attitude du chat noir, il prend son canif et lui arrache un œil pour finalement le pendre, un peu plus tard, dans son jardin. Suite à ce meurtre sans pitié, la maison de l’homme prend feu sans explication. Quelques temps après, il découvre dans la rue un chat noir qui ressemble étrangement à Pluton, car il lui manque un œil. La seule chose les différenciant est une petite tâche blanche sous le ventre. L’ayant accueilli pour se donner bonne conscience, la même situation se reproduit. Hanté par Pluton, l’homme, dans tous ses états, tente avec une hache d’achever le nouveau chat noir. Mais sa femme intervenant, il fracasse le crâne de celle-ci. Il décide alors de la murer dans sa cave. Satisfait de son travail, il va même jusqu’à narguer la police en l’avertissant de la disparition de sa femme. Cependant depuis l’incident, l’homme n’a jamais retrouvé le chat noir et il pense qu’effrayé, ce dernier s’est enfui. Mais quand il se retrouve à la cave avec les policiers, l’homme commence à entendre un cri inhumain…

«LE CŒUR RÉVÉLATEUR»
«Le Cœur Révélateur» met en avant la relation étrange entre un homme et un vieillard. Il est obsédé par l’un des yeux du vieillard, ressemblant à celui d’un vautour, bleu pâle avec une taie dessus et qui lui glace les sangs, l’homme n’a plus qu’un seul désir : éliminer le vieillard. Et c’est, nuit après nuit, qu’il pénètre dans la chambre de ce dernier pour l’épier en train de dormir, attendant le moment crucial. Jusqu’au jour, où par accident un bruit réveille le vieillard qui ne se rendort pas. Apeuré, il scrute tous les recoins avec son œil de vautour. L’homme caché, irrité par la vue de ce dernier se jette sur le vieillard et l’étouffe jusqu’à ce que mort s’en suive. Il décide alors de se débarrasser du corps en le coupant en morceaux puis il dépose les différentes parties dans des sacs qu’il dissimule sous le plancher de la chambre. Et lorsque la police se présente, suite à un cri que les voisins auraient entendu, l’homme, sûr de lui, explique qu’il est seul et que le vieillard est parti en voyage. Puis pour montrer son honnêteté, il va jusqu’à inviter les policiers à se désaltérer dans la chambre du vieillard, posant sa chaise juste au-dessus de l’endroit où se trouve le corps « en pièce détachées ». Au fur et à mesure que l’homme discute avec les policiers, il entend un bruit sourd devenant de plus en plus net et il devient de plus en plus anxieux et agité. Pensant que ses interlocuteurs l’entendent aussi, il parle de plus en plus fort, mais le bruit ne cesse de s’accroitre…

«LE PORTRAIT OVALE» ET «MORELLA»
«Le Portrait Ovale» relate le récit d’un homme blessé qui se réfugie pour la nuit,  avec son serviteur, nommé Pedro, dans un château abandonné. Tous deux s’installent dans l’une des chambres. L’homme porte un vif intérêt à l’architecture du château ainsi qu’aux tableaux environnants. Afin de passer le temps, ce dernier se plonge dans la lecture d’un volume qu’il trouve sous l’un des oreillers du lit. Mais quelques heures plus tard, il pose son regard sur un tableau ovale qu’il n’avait pas remarqué jusque-là et qui représente une jeune fille d’une grande beauté. Après avoir contemplé l’œuvre pendant un certain temps et en en ayant fait le tour, l’homme saisit de nouveau le volume qui contient justement les analyses des tableaux et leur histoire. Il décide donc de se rendre directement à celui qui venait de captiver son attention et il découvre le destin tragique de la jeune fille. Celle-ci avait épousé un peintre obsédé par son art. Un jour il s’était mis en tête de peindre sa jeune épouse dont il était éperdument amoureux. Mais son intérêt pour la perfection, le poussa à peindre des jours et des jours sans se préoccuper de sa femme qui restait devant lui dépérissant à vue d’œil, ce dont il ne s’aperçut pas puisqu’il n’y avait plus que son œuvre qui captait son intention…
« Morella » raconte la vie d’un homme qui épouse une amie de longue date,  prénommée Morella. Cette dernière fuyant la société préfère s’enfermer dans son monde en écrivant des textes mystiques. Une passion dévorante devenue le seul objet de conversation du couple. À tel point que le mari de Morella finit par désirer la mort de sa femme. Et son vœu fut exhaussé puisque Morella mourût en donnant naissance à une petite fille. Cette dernière, née sans prénom, grandit à une vitesse affolante et effrayante pour son père qui constata qu’elle ressemblait de plus en plus à sa mère. Et puis le jour de la cérémonie du baptême, sans comprendre réellement pourquoi, il lui donna le nom de « Morella ». Et à peine eut-il prononcé le prénom que l’enfant répondit : « Me voilà ! »…

UN LIVRE CAPTIVANT ILLUSTRÉ AVEC RÉALISME
«Les Contes Macabres» est un livre fort intéressant sous plusieurs aspects. Tout d’abord bien sûr, grâce aux nouvelles poétiques, philosophiques et fantastiques d’Edgar Allan Poe, comme seul il avait le secret de les écrire, avec des descriptions dans le moindre détail de scènes, les rendant à la fois vivantes de façon insoutenables ou au contraire idylliques. En ce qui concerne les nouvelles, il faut savoir apprécier le style littéraire de l’auteur, largement controversé par la critique au XIXème siècle et encore de nos jours. Ce livre permet aussi pour ceux qui ne connaissent pas ses écrits de les découvrir et peut-être de les apprécier. Le livre ne contient pas que des nouvelles, ce qui l’enrichit encore plus. À la fin du volume se trouvent les écrits de Charles Baudelaire (1821-1867)  intitulés « Edgar Allan Poe, sa vie et ses ouvrages » (publié en 1852 dans « La Revue de Paris »). Ils relatent ainsi la vie tragique d’Edgar Allan Poe qui mourut à l’hôpital le 7 octobre 1849, à la suite d’une crise de delirium tremens (hallucinations dues au sevrage à l’alcool) à l’âge de trente-sept ans. Le livre contient aussi les bibliographies d’Edgar Allan Poe, de Charles Baudelaire et de Benjamin Lacombe. Autre point qui attire l’attention sur l’ouvrage : Benjamin Lacombe a brillamment dépeint « Les Contes Macabres » d’Edgar Allan Poe avec des illustrations impressionnantes de réalisme. La mise en page est soignée et sobre alternant des pages sur fond blanc et sur fond noir. Tout comme Charles Baudelaire qui a traduit les textes d’Edgar Allan Poe en y portant un vif intérêt, Benjamin Lacombe fait ressortir cet engouement pour l’auteur (parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du XIXème siècle selon la critique contemporaine) au travers de ses croquis et de la colorisation, afin de faire passer aux lecteurs d’intenses émotions. Les portraits très suggestifs des différents personnages et leurs regards expressifs expriment de multiples sentiments tels que l’horreur et parfois même le mépris ou l’indifférence. Benjamin Lacombe a déjà écrit et illustré de nombreux livres (comme « Généalogie d’une sorcière » chez Seuil Jeunesse) qui ont été publiés en plusieurs langues. Pour conclure, le livre «Les Contes Macabres» est un très beau roman graphique très instructif  valant vraiment le détour ! Il est disponible depuis le 2 décembre 2009.
Couverture : © Soleil

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