Crusades tome 1, la critique
En 1096 eut lieu la première croisade, menée par les Chrétiens ayant la ferme intention de récupérer la Terre Sainte, aux mains des Sarrasins, depuis bien longtemps. En 1099, les Croisés assiègent Jérusalem. En 1113 et 1128 « L’ordre des Hospitaliers » et celui des « Templiers » sont respectivement reconnus. À la fin de la deuxième croisade (1147-1148) le Sultan d’Égypte, Saladin, parvient à prendre la ville de Jérusalem. Puis se succèdent la troisième croisade (1189 – 1192) et la quatrième (1202-1204), périodes pendant lesquelles Sarrasins et Chrétiens ne cesseront de s’entretuer afin de récupérer les villes de la Terre Sainte et surtout la plus convoitée : Jérusalem… En 1219, commence alors la cinquième croisade. Pendant plus de 70 ans les Chrétiens ont tenté de récupérer Jérusalem, mais en vain, depuis sa conquête par Saladin. Toutefois l’armée chrétienne, n’ayant pas dit son dernier mot, tente d’investir le port de Damiette situé sur la rive droite du Nil et au Nord Est du Caire, pensant ainsi conquérir l’Égypte. La croisade est menée par le légat pontifical Pélage, Cardinal d’Albano envoyé par le pape Honorius III. Ne s’attendant pas à cette offensive, le sultan du Caire propose à ce dernier de lui céder la ville de Jérusalem pour préserver Damiette. Le 4 novembre 1219, un groupe de Croisés pense avoir trouvé un moyen de pénétrer dans la ville de Damiette sans être repéré : passer par les douves sous la muraille pour rejoindre les catacombes, ce qui lui permettrait d’ouvrir les portes de l’intérieur afin de faire rentrer le reste de l’armée. Mais une fois arrivés sur les lieux, l’impensable les attend, ils sont déchiquetés par des créatures d’origine inconnue. Seul, un écuyer, François, s’en sort sain et sauf. Pendant ce temps au pied des murailles, une bataille sanglante fait rage entre Chrétiens et Sarrasins. De son côté, le légat Pélage est en pourparlers pour se mettre d’accord sur l’offre du sultan du Caire. Une conférence interrompue par l’irruption de François qui vient avertir le légat Pélage de ce qui vient de se passer un peu plus tôt sous les murailles…
UNE CROISADE SECRÈTE MÉNÉE PAR GUILLAUME DE SONNAC
Après l’échec de la cinquième croisade, le 6 juin 1244, à Damiette, Guillaume de Sonnac, chevalier du Temple et membre de la commission des Mires fait appel à Cheikh Ali Musafir pour comprendre ce qui s’est passé 25 ans plus tôt dans les catacombes de la ville. Selon Cheikh Ali, les responsables des phénomènes étranges font partie de la secte des Assassins qui s’adonne à de mystérieux rituels. Un des hommes de Cheikh Ali Musafir, enquêtant sur les Assassins, a d’ailleurs subi leurs tortures. Le pauvre est dans l’incapacité de relater ce qui lui est arrivé et le seul indice qu’il ait ramené avec lui ce sont ses yeux devenus couleur vif-argent. Guillaume de Sonnac et Cheikh Ali n’ont pas le temps de finir leur conversation que les assassins font irruption dans la pièce, voulant récupérer leur prisonnier. Guillaume de Sonnac réussit à fuir, grâce à Cheikh Ali, avec la tête de l’homme aux yeux vif-argent qu’il a eue le temps de décapiter auparavant. Après ces évènements, en septembre 1244, l’année où Louis IX de France décide d’entreprendre une septième croisade, Guillaume de Sonnac se rend en France au Palais Épiscopal de Lyon afin de rencontrer le Pape Innocent IV. Guillaume de Sonnac profite de la rancœur du Pape Innocent IV à l’encontre de Frédéric II de Hohenstaufen, roi de Jérusalem pour lui faire part de sa requête. Pour mener à bien la septième croisade (1248-1254), il propose de s’emparer du secret des Assassins qui aurait une relation avec la terrible peste s’étant abattue sur la ville de Damiette, trente ans auparavant, en décimant l’armée des Croisés et en permettant de créer des hommes surhumains, capables de réduire une armée à néant. Le Pape Innocent IV accepte et promet de faire en sorte qu’il soit nommé Grand Maître de l’Ordre. Il lui impose l’un de ses serviteurs, nommé Jéhu, afin de le surveiller. Pour accomplir sa mission qui est donc de se rendre dans les catacombes de Damiette où sont cachés les Assasins, Guillaume de Sonnac réunit ses frères du « Temple » : cinq guerriers intrépides et valeureux, faisant partie de « l’Ordre des Chevaliers du Temple » dont Clotilde d’Angers (sœur du Pugnus Templi) et Ulric de Syracuse (Sénéchal du Pugnus Templi). Gautier de Puységur le frère de Guillaume de Sonnac, précieux en tant qu’alchimiste, rejoint la troupe un peu plus tard, contraint et forcé. Ce dernier pourrait peut-être savoir ce qui est arrivé à l’homme de Cheikh Ali, en voyant ses yeux vif-argent, et décoder le rituel des Assassins. Après maintes péripéties, le groupe finit par arriver à Damiette, plus précisément dans les mystérieuses catacombes où ils sont loin de s’imaginer ce qui les attend…
REMARQUABLE ÉPOPÉE HISTORICO-FICTIONNELLE AU TEMPS DES CROISADES !
« Le spectre aux yeux d’argent » premier tome de la nouvelle série intitulée « Crusades » co-scénarisé par Izu (« Omega Complex ») et par Nikolavitch (« L’escouade des ombres »), dessiné par Zhang Xiayu et colorisé par Zhou Hualong ainsi que par Li Jian, entraine le lecteur dans un récit à la fois historique et fictionnel se déroulant pendant la septième croisade. Ce qui frappe en premier pour cet album, c’est avant tout sa couverture sur laquelle le démon situé derrière Guillaume de Sonnac est impressionnant donnant déjà un avant-goût de l’histoire qui est à la hauteur du visuel. Pour commencer, au niveau des détails historiques, les deux scénaristes ont fait un travail remarquable qui a dû nécessiter une très bonne documentation. D’ailleurs à la fin de l’album, se trouve une chronologie des dates importantes au cours de la période abordée. Un plus non négligeable qui permet de se mettre en immersion totale dans l’époque des croisades et de s’instruire au passage. Izu et Nikolavitch mêlent avec ingéniosité et habilité des faits réels, des personnages historiques et la fiction, le tout restant bien équilibré. En ce qui concerne les bonus et petites attentions bien venues des deux auteurs, chaque chapitre présente un personnage et on trouve toujours à la fin de la bande dessinée un making of, où on peut découvrir les secrets de la fabrication de la série, comme notamment les différents essais de couvertures. Le très bon coup de crayon de Zhang Xiayu ne manque pas de mettre en valeur et d’accompagner le scénario haletant où Guillaume de Sonnac (Dix-huitième Maître de l’Ordre de 1245 à 1250) est envoyé en mission pour enquêter sur les origines de la « peste de Damiette » et le secret de la secte des Assassins. Les scènes d’action sont réalistes ainsi que vivantes avec des têtes qui volent et des giclées de sang qui illustrent les combats sans pitié que menaient les Croisés. Sans oublier les somptueux décors sur une pleine page, comme ceux, par exemple, des murailles encerclant la ville de Damiette. Le réalisme est aussi mis en valeur par des effets d’ombre à l’encre de Chine faisant ressortir entre autres les diverses expressions des personnages comme la terreur. La dynamique des cadres y contribue aussi ainsi que l’alternance des couleurs chaudes et froides utilisées en fonction des scènes d’action ou des décors. Le premier tome de « Crusades » est donc particulièrement intéressant à plusieurs points de vue. Mais le principal reste que, malgré le thème des croisades souvent abordé en bande dessinée, cet album sort vraiment du lot grâce à son originalité et sa conception. À découvrir très prochainement !
Couverture : © Les Humanoïdes Associés
| FICHE TECHNIQUE | |
| Parution | - |
| Sens de lecture |
- |
| Genre | Historique, Fantastique |
| Nombre de pages |
144 |
| Editeur | Les Humanoïdes Associés |
| Scénariste(s) |
Nikolavitch et Izu |
| Dessinateur(s) |
Zhang Xiayu |
| Coloriste(s) | Zhou Hualong et Li Jian |
| Public concerné |
+12 |
| Prix |
14.90 euros |
| Date de sortie |
6 janvier 2010 |
| Site officiel |
humano.com |
