Épopée de Gilgamesh tome 1 (L’), la critique BD
Gilgamesh, le fils de Nin-Sun, divinité de la mythologie sumérienne, épouse du roi d’Uruk Lugalbanda, perd son père à l’âge de douze ans. Suite à cet événement tragique, Gilgamesh étant trop jeune pour hériter du trône, sa mère lui demande de s’enfuir, craignant que le régent Dumuzi, ayant pris possession du pouvoir de la cité d’Uruk, ne s’en prenne à lui. Gilgamesh est alors recueilli par Agga, le souverain de la cité voisine, nommée Kish. Au fil du temps, Agga considère Gilgamesh comme son fils. Mais il voit aussi sa venue comme un bon présage lui permettant de mettre la main sur la cité d’Uruk dont l’armée puissante est la seule à résister à la sienne. De plus la cité d’Uruk possède des carrières d’argile, ressource manquante à Kish. Quelques années plus tard, Gilgamesh, adulte, est dorénavant lié par une dette d’honneur envers Agga qui peut profiter à ce dernier. En effet, grâce à ce stratagème, concocté depuis l’arrivée de Gilgamesh, Agga pense pouvoir pénétrer sans mal dans la cité d’Uruk avec l’aide de son protégé. De son côté, Gilgamesh devenu un homme fort, sans peur avec la force d’un dieu, dirige les armées d’Agga et gagne plusieurs batailles pour son compte. Il possède une vie agréable mais décide malgré tout, un jour, de retourner à Uruk pour reprendre le trône qui lui est dû et de tuer Dumuzi. Cependant, avant de partir, il promet à Agga qu’il honorera sa dette comme convenu. Pendant ce temps, dans la cité d’Uruk, Isthar, la grande prêtresse d’Inanna (la déesse de l’amour, des plaisirs et de la liberté) sent le retour de Gilgamesh et se rend de suite auprès de Dumuzi afin de lui servir un verre de vin empoisonné.
LE RETOUR FRACASSANT DE GILGAMESH
Gilgamesh est enfin de retour dans la cité d’Uruk et se rue de suite dans la chambre de Dumuzi pour l’éliminer. Mais il découvre que ce dernier est déjà mort. Peu de temps après, Isthar le rejoint pour l’accueillir et tous deux sont heureux de se retrouver. Maintenant Gilgamesh n’a plus qu’un rêve : devenir le roi et faire d’Isthar sa reine. Après la cérémonie de la déesse Inanna, Gilgamesh est enfin le roi d’Uruk et est prêt à gouverner. Le temps passe et Gilgamesh devient une brute paresseuse. Il profite de la vie, négligeant le peuple qui finit par le haïr. Le seul point fort qu’il met en valeur est celui du guerrier car depuis son couronnement nul n’ose s’attaquer à la cité d’Uruk. Mais son comportement violent inquiète de plus en plus son entourage. Il n’a plus de limites et tout ce qu’il désire, il l’obtient. Trouvant son comportement intolérable et inquiète pour son peuple, Aruru, la déesse de la terre et Anu, le dieu du ciel décident ensemble de remettre Gilgamesh dans le droit chemin en créant un être né de l’argile, de force égale à Gilgamesh, prénommé Enkidu. Dès l’arrivée de ce dernier à Uruk et après un bref combat avec Gilgamesh, il fait forte impression. Gilgamesh comprend qu’il a enfin trouvé un homme de son envergure. Apprenant qu’il est né des mains de la déesse Aruru, il le considère dès lors comme un ami. Depuis ce jour, Gilgamesh, ne se sentant plus seul, commence à devenir un roi exemplaire avec l’aide d’Enkidu. Mais cela ne semble pas plaire à tout le monde et notamment à Isthar qui compte bien, par tous les moyens, faire de nouveau de Gilgamesh, un tyran. Allant contre le choix d’Aruru et d’Anu, quitte à s’attirer leurs foudres, elle prend la décision de faire intervenir le roi Agga afin de parvenir à ses fins…
UNE ÉPOPÉE SUMÉRIENNE DÉTONANTE
Gilgamesh, descendant de la première dynastie des souverains d’Uruk, est de sang divin « aux deux tiers dieu et un tiers humain ». Héros sumérien et l’un des principaux personnages de la mythologie assyro-babylonienne, il est le sujet de plusieurs récits épiques dont le plus célèbre est « L’Épopée de Gilgamesh ». La série scénarisée par Julien Blondel (« Nova ») et dessinée ainsi que colorisée par Alain Brion (« Les insurgés d’Edaleth ») intitulée « L’Épopée de Gilgamesh » reprend les aventures du héros mythique sous forme d’une trilogie de Dark Fantasy semi- historique. Le premier tome titré « Le trône d’Uruk » a été traité à la palette graphique. Pour commencer, l’album possède d’ailleurs une magnifique couverture avec un visuel accrocheur mettant en valeur Gilgamesh brandissant sa lance, debout sur son char attelé de taureaux. Tout comme pour le graphisme des planches intérieures, la couverture est mise en valeur par une colorisation avec un effet de peinture à l’huile donnant de la prestance et du réalisme aux divers personnages. Chaque case ressemble ainsi à un tableau miniature avec des scènes d’action vivantes et des vues de paysages enchanteurs avec des teintes ocre amplifiant l’atmosphère légendaire. Le dessin est minutieusement travaillé avec des détails d’expressions des visages et des muscles arborant les bustes des personnages. Le fond noir présent sur la majorité des planches fait ressortir les différentes cases dont la dynamique varie en fonction des pages. Alain Brion utilise aussi différents plans (gros plans, plans de situation, plans d’ensemble…) et perspectives (perspective atmosphérique, perspective de mouvement…) pour mettre en avant certaines scènes importantes. Le premier tome de Gilgamesh peut donc attirer l’attention du lecteur avec sa particularité graphique. Quant à l’histoire, elle est intéressante du fait qu’elle nous fait découvrir un mythe sumérien par forcément connu de tous. Le scénario est concis et ne comporte pas de détails superflus, permettant une lecture fluide. De plus l’ajout de la carte de la Mésopotamie en -2600 avant J.C et la double page où figurent les portraits des différents intervenants dans le récit, précisant leur identité, est une initiative non négligeable et constructive des auteurs qui permet de replacer les personnages dans leur contexte. Alain Brion et Julien Blondel ont donc su donner habilement vie à ce mythe de « L’épopée de Gilgamesh » dont vous pouvez d’ores et déjà vous procurer le premier tome disponible depuis le 27 janvier 2010.
Couverture : © Soleil
| FICHE TECHNIQUE | |
| Parution | - |
| Sens de lecture |
- |
| Genre | Mythe, Heroic fantasy |
| Nombre de pages |
48 |
| Editeur | Soleil |
| Scénariste(s) |
Julien Blondel |
| Dessinateur(s) |
Alain Brion |
| Coloriste(s) | Alain Brion |
| Public concerné |
+12 |
| Prix |
13,95 euros |
| Date de sortie |
27 janvier 2010 |
| Site officiel |
soleilprod.com |
