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Mezolith, la critique BD

mezolith Mezolith, la critique BDÀ l’âge de pierre, période de la , sur les rivages de la Mer du Nord chaque jour était une nouvelle aventure, non sans danger pour les humains. Ainsi les hommes de la tribu Kansa se battent pour survivre en pouvant perdre la vie à la chasse ou bien des mains des peuples voisins…

Au cours de la période Mesolithique, Poika en tant qu’adolescent doit faire ses preuves guidé par ses aînés. Un jeune homme très courageux, mais parfois inconscient du danger. Un jour, par exemple, où il est en train de pourchasser une abeille, il aperçoit un taureau dans une clairière. Content de sa trouvaille, il rejoint les hommes de la tribu Kansa pour les informer de l’endroit où se trouve l’animal afin que tous aillent le chasser. Armés de lances, ils se rendent donc dans la clairière mais Poika n’est pas convié à la chasse jugée trop risquée pour lui. Cependant ce dernier ne voit pas les choses ainsi et se joint aux hommes qui jouent le rôle de leurre afin d’attirer le taureau dans un piège. Une première lance atteint l’animal mais il est encore vif. Une autre se plante à terre. Poika décide alors d’aller la chercher mais malheureusement le taureau qui n’est pas loin lui fonce dessus en embrochant sa cuisse gauche. Heureusement les autres hommes arrivent à achever à temps le taureau avant qu’il n’en termine avec Poika. Cependant ce dernier est dans un piteux état et risque de mourir. C’est alors que Korppi Vehlo, une vieille sorcière, qui vit avec les corbeaux tient à venir en aide à Poika. Pendant qu’elle le soigne, le père de Poika raconte une étrange histoire à son fils pour qu’il ne sente pas la douleur. Il lui relate que jadis trois frères, partis à la chasse pour traquer un cerf, trouvèrent un enfant abandonné de couleur bleue. Ils le prirent avec eux pour l’emmener dans leur village. Mais pendant la nuit, l’enfant ne cessa de réclamer à manger et pas n’importe quoi : de la viande juteuse. Il commença à dévorer tout sur son passage et grossit de plus en plus. En voyant cette abomination, les gens du village s’enfuirent. Devenu immense et à la recherche de chair fraîche, les hommes furent obligés de l’affronter pour le tuer. Mais à chaque fois que l’une de ses choses nommée « Urga » meurt, une autre apparaît quelque part attendant sagement qu’un humain vienne la chercher.

LA MENACE N’EST JAMAIS TRÈS LOIN
Le temps passe et Poika commence à se remettre de sa blessure. Il participe maintenant à la chasse avec ses aînés. Un jour, partis dans la forêt, les hommes en compagnie de Poika aperçoivent un incendie venant dans leur direction. La seule solution est de s’éloigner le plus loin possible. Mais ils arrivent à une falaise et sont obligés de sauter dans la rivière un peu plus bas. Seulement cette dernière correspond à la frontière entre leur tribu et celle du peuple Hibou. Si ces derniers s’aperçoivent qu’ils sont sur leur territoire le cours des évènements pourrait très vite mal tourner. Et c’est le cas ! Même si les hommes du peuple Hibou restent indulgents en ne faisant passer qu’une épreuve au père de Poika, plutôt délicate, ils les laissent repartir libres. Par contre ils les avertissent que s’ils les retrouvent de nouveau sur leur territoire, ils auront droit à une mort lente et douloureuse. Une aventure qui se termine sans dommage mais qui pourrait bien à l’avenir porter préjudice au père de Poika. De retour au village, le jeune homme s’adonne cette fois à une activité beaucoup plus calme, celle d’écouter les histoires magiques d’un des vieux hommes du peuple Kansa. Ce denier raconte alors l’histoire de Talja, un vieillard qui a toujours l’air triste, ne parlant pas beaucoup, et qui intrigue Poika. À l’époque Talja était un jeune chasseur qui avait par hasard découvert une jeune femme cygne. Il en tomba éperdument amoureux même s’il ne pouvait pas la toucher. En effet, un seul contact avec la jeune femme immortelle la rendrait mortelle. Il lui jura donc qu’il ne le ferait jamais. Mais un jour à cause de la maladresse d’un enfant de la tribu, la jeune femme s’en alla. Désespéré, il partit à sa recherche et brava tous les dangers pour la retrouver. De nouveau réunis, elle partit avec lui mais elle ne resta malheureusement pas longtemps en vie. Et des histoires de ce genre le vieillard en connaît beaucoup, captivant toujours Poika. D’ailleurs au cours des péripéties suivantes, ce dernier va être encore confronté à de fâcheuses situations et entendre des récits très étranges comme l’histoire de Korppi Vehlo la femme corbeau…

DES HISTOIRES MAGIQUES ET CRUELLES ILLUSTRÉES AVEC MAGNIFICENCE
« » est à l’origine un album anglais. Une histoire complète qui relate les aventures de Poika, il y a 10 000 ans. L’album est scénarisé par qui est un célèbre conteur en Angleterre, passionné par l’Âge de Bronze, l’Âge de fer et surtout par l’Épopée de Gilgamesh et les contes Irlandais. « Mezolith » est sa première . Le dessinateur a plusieurs centres d’intérêt comme les comics et la peinture. Son style est aussi influencé par les univers étranges d’artistes comme Moebius, Druillet ou Corben. Il est notamment connu pour son travail sur la conception des créatures, accessoires et paysages innovants sur les films d’Harry Potter et « Mezolith » est son premier roman graphique. Le dessin et la colorisation de cet album sont remarquables. Tout d’abord on peut noter le souci du dessinateur à instaurer un changement de dynamique graphique en fonction des parties qui relatent l’histoire de Poika et celles où des récits sont contés par d’autres protagonistes. Les cases où sont racontés les contes sont sur fond noir ou sur la continuité d’un visuel. Elles sont de différentes tailles, superposées et donnent de la vitalité à l’ensemble graphique. Pour les pages qui traitent des aventures de Poika, les cases sont sur fond blanc et adoptent un style plus classique. Au niveau de la colorisation, les volumes sont minutieusement travaillés avec des ombres et lumières accentuées donnant un rendu réaliste et en profondeur aux décors et aux personnages. Les visages sont ainsi très expressifs grâce aux effets de relief. Chaque aventure de Poika est aussi séparée par une page noire recto verso permettant une séparation propre et nette pour une meilleure compréhension. En définitive, les influences graphiques d’ ressortent dans cet album qui allie à la fois le style comics pour le côté dynamique et les techniques de la peinture pour la texture des couleurs et des ombres. Pour l’histoire, le professionnalisme de Ben Haggarty ne fait aucun doute. On se laisse très vite emporter par le récit qui met en scène la vie et les croyances fictionnelles d’un peuple vivant à l’âge de pierre, à l’endroit qui est devenu maintenant le nord de la Yorkshire Coast. Au travers des différentes histoires, Poika apprend à affronter les pièges de la vie et les traditions des siens. Pour conclure, « Mezolith » est un album qui se démarque graphiquement mais aussi par la narration du conteur « Ben Haggarty » qui vaut le détour ! Pour info, il est paru depuis le 23 juin 2010 dans la collection « Celtic » aux éditions .
Couverture : © Soleil, Adam Brockbank, Ben Haggarty



FICHE TECHNIQUE
Parution -
Sens de lecture
-
Genre
Nombre de pages
80
Editeur Soleil (Collection : Soleil Celtic)
Scénariste(s)
Ben Haggarty
Dessinateur(s)
Adam Brockbank
Coloriste(s) Adam Brockbank
Public concerné
+12
Prix
14,90 euros
Date de sortie
23 juin 2010
Site officiel
soleilprod.com




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