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Secrets, L’Angélus tome 1, la critique BD

angelus t1 Secrets, LAngélus tome 1, la critique BD« L’Angelus », tableau de Jean-François Millet a été reproduit et réinterprété par de nombreux artistes. Salvador Dalí, tout particulièrement fasciné par cette œuvre en a reproduit de multiples versions. Mais qu’a-t-elle de si spécial? C’est la question que se pose Clovis Chaumel. En effet, troublé depuis qu’il a vu le tableau, il se passionne soudain pour l’auteur et son œuvre jusqu’à ce que cela devienne une véritable obsession…

Clovis Chaumel est un père de famille qui ne s’implique dans rien hormis son travail, même pas dans l’éducation de ses deux fils dont sa femme, Isabelle s’occupe. Ce qui lui vaut des remarques quotidiennes de son fils aîné, Stéphane qui lui reproche en plus de ne pas être à la page, que se soit au niveau technologie ou dans la façon dont il s’habille. Il a tellement honte de son père qu’il évite d’en parler au collège. Clovis Chaumel se sent inutile lorsqu’un jour, à Paris, il visite le musé d’Orsay et tombe sur « L’Angelus » de Millet. À cet instant, il ressent une vive émotion suivie d’un malaise. En reprenant ses esprits, il demande alors une reproduction de « L’Angelus » en poster ou tout autre format à la librairie du musée mais malheureusement tout est en rupture de stock. Déçu, il rentre chez lui à Chamalieu et raconte à sa femme ce qui lui est arrivé. Cependant, cette dernière ne comprend pas la passion subite de son mari pour la peinture. Mais Clovis, persuadé qu’il se cache quelque chose de mystérieux dans ce tableau, qui a dû révéler des évènements qui se sont déroulés dans son passé, se lance dans des recherches minutieuses. Pour commencer, il décide de se renseigner sur Millet et ses œuvres en achetant un livre qui lui est consacré. Après avoir aussi visionné tous les tableaux de Millet qu’il trouve magnifiques, il ne comprend toujours pas pourquoi « L’Angelus » l’attire plus que les autres. En continuant ses recherches, il découvre alors que Dalí a reproduit maintes fois « L’Angelus » et Clovis ne pense pas que ce soit une coïncidence. Mais pourquoi ? Pendant que tant de questions se bousculent dans sa tête, Clovis a aussi décidé de se reprendre en main et de se rendre à une réunion parents-profs, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de la professeure d’arts plastiques de son fils Stéphane, au look très branché, nommée Évelyne Arnaud. Il en profite pour lui demander de l’aide afin de découvrir pourquoi « L’Angelus » de Millet figure dans plusieurs toiles de Dalí. Sur le moment, elle ne semble pas étonnée de la reprise d’une œuvre célèbre par un artiste puisque cela se faisait couramment. Mais elle lui promet quand même de se renseigner.

LE MYSTÈRE DE L’ANGÉLUS
Plus Clovis se passionne pour la toile de Millet, plus sa femme trouve qu’il adopte un comportement étrange. Il va jusqu’à prendre des jours de congé pour s’adonner à ses recherches ce qui exaspère sa femme. Mais Clovis n’y prête pas attention et continue sur sa lancée, d’autant qu’après un rendez-vous dans un bar avec Évelyne, il apprend que Dalí serait obsédé par « L’Angelus » tout simplement parce que dans sa petite école les murs ne comportaient qu’un seul ornement : la reproduction de « L’Angelus ». Mais cela ne semble pas satisfaire Clovis qui pense qu’il y a une autre explication. Par contre, il semble convaincu que ce qui l’attire dans cette toile est un élément qui le renvoie à un traumatisme subi dans son passé. Mais lequel ? Il ne le saura pas tant que le mystère de « L’Angelus » ne sera pas résolu. Et pourtant il se rappelle des évènements étranges qui ont eu lieu dans son enfance. En attendant, ses agissements finissent par envenimer la situation entre lui et sa femme qui va jusqu’à croire qu’il la trompe avec la professeure d’arts plastiques. Clovis a beau tenter de s’expliquer, elle ne veut rien entendre. La dispute étant survenue le soir, Clovis décide d’aller dormir à l’hôtel, n’arrangeant pas la situation. Sur le trajet, il décide alors, pour se changer les idées, de s’arrêter dans un « bar branché » où il rencontre par hasard Évelyne. Tous deux décident alors d’aller discuter à l’abri des regards pour ne pas envenimer plus la situation. Clovis révèle alors à Évelyne qu’il est atteint d’une grave maladie et que sans transplantation il mourra. Une confession qui le soulage d’autant plus qu’il a été incapable de le dire à sa femme. Mais Clovis a quelque chose de plus à dire à Évelyne, il a enfin découvert ce qui fascinait Dalí dans « L’Angelus ». Sur le tableau sont représentés deux paysans dans un champ se recueillant quand sonne l’heure de « L’Angelus ». Au milieu des deux personnages se trouve un panier contenant des pommes. Après que Dalí se soit évertué à expliquer que le tableau avait un autre sens et que le panier de pommes cachait autre chose, une radiographie a confirmé ses dires. Le tableau a bien été corrigé et ce qui se cache en-dessous est bien plus macabre…


UN RÉCIT ENRICHISSANT CULTURELLEMENT ET CAPTIVANT !
« L’Angélus » fait partie de la collection « Secrets » tout comme les six autres histoires de familles à savoir « L’Écharde » (en deux tomes parus en 2004 et 2006), « La corde » (en deux tomes, premier tome en 2010), « Le Serpent sous la glace » (en trois tomes parus de 2004 à 2006), « Samsara » (en deux tomes parus en 2007 et 2009), « Pâques avant les Rameaux » (paru en 2009) et « L’Ecorché » (en deux tomes parus de 2006 et 2007). Tous ces récits ont été scénarisés par avec des dessinateurs différents : pour « L’Angélus », Milan Jovanovic pour « Le Serpent sous la glace », Ruben Pellejero (co-scénarisé avec lorent Germaine) pour « L’Écorché », pour « Samsara », Faure et la même dessinatrice Marianne Duvivier pour « L’Écharde », « La corde » et « Pâques avant les Rameaux » étant co-scénarisé avec Virginie Greiner. Actuellement travaille aussi sur la série « Destins » aux éditions Glénat. C’est l’auteur du concept général et coordinateur du projet. Les tomes 4 et 5 sont d’ailleurs prévus pour le 16 juin 2010.

Pour le récit du premier tome de « L’Angélus », il entraîne le lecteur dans un des plus grands mystères de l’histoire de l’art. Une histoire véridique puisque Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, 1er Marquis de Púbol connu sous le nom de Salvador Dalí (1904-1989) fasciné par « L’Angélus » de Jean-François Millet (1814-1875), lui a entre autre consacré un livre intitulé « Le Mythe Tragique De L’Angélus De Millet, interprétation paranoïaque-critique » écrit en 1938 et publié en 1963. Dalí était persuadé que les deux paysans ne se recueillaient pas uniquement pour la prière de « L’Angélus » (Prière chrétienne en l’honneur du mystère de l’Incarnation qui est récitée par les fidèles à chaque sonnerie de cloches se faisant entendre le matin, à midi et le soir). En effet, après avoir insisté auprès du Louvre afin que le tableau soit radiographié, on a découvert que le panier de pommes n’existait pas à l’origine. Ce qui bien sûr donne un tout autre sens au tableau et lui vaut le nom de « Repentir » qui correspond à un changement apporté ou correction faite en cours d’éxécution d’une œuvre. Viennent s’ajouter à ces révélations historiques, les mystères de famille de Clovis, le personnage principal dont la femme semble en connaître plus sur son passé que lui-même.

Le récit que relate Frank Giroud est donc à la fois surprenant d’une part si l’on ne connaît pas l’histoire et le mystère de « L’Angélus » de Millet ainsi que l’obsession du peintre Dalí à son égard et d’autre part intriguant au niveau du secret de la famille de Clovis, qui est bien gardé. Il est aussi émouvant lorsque l’on voit le personnage principal se débattant pour découvrir la vérité à la fois sur son passé et sur le mystère de « L’Angélus », d’autant que sa vie peut arriver à terme du jour au lendemain. Sans compter la jalousie de sa femme et les injures de son fils aîné à son égard qui n’arrangent pas son existence. Cependant grâce à ses soucis, c’est un homme qui tente d’évoluer aussi au fur et à mesure des pages voulant enfin pouvoir profiter de sa vie et sortir de son train-train quotidien. Une atmosphère tendue s’installe alors petit à petit le long des pages avec un suspense permanent jusqu’au bout. La dernière planche annonçant déjà un dénouement étonnant. Le rendu graphique de Homs (« Red Sonja » chez Panini Comics), avec un dessin à la fois réaliste pour les décors et caricatural pour les personnages faisant ressortir leurs traits ingrats ainsi que des couleurs ternes, donne aussi toute son ampleur mystique au scénario. Pour résumer le premier tome « Secrets, L’Angélus » est un ouvrage remarquable et instructif qui mérite le détour ! Vous pouvez d’ores et déjà le découvrir puisqu’il est disponible depuis le 28 mai 2010.
Couverture : Secrets, L’Angélus par Giroud Homs © 2010




FICHE TECHNIQUE
Parution -
Sens de lecture
-
Genre
Nombre de pages
56
Editeur Dupuis (Collection : Dupuis «  Grand Public »)
Scénariste(s)
Frank Giroud
Dessinateur(s)
Homs
Coloriste(s) Homs
Public concerné
+16
Prix
13,50 euros
Date de sortie
28 mai 2010
Site officiel
dupuis.com




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