Secrets, La Corde tome 1, la critique BD
Ana une jeune fille issue de Buenos Aires, à qui jusque-là tout réussit, semble pourtant préoccupée par le passé obscur de ses parents. Elle va alors se lancer dans des recherches afin de découvrir ce qu’ils lui cachent. Cependant elle va se heurter au mutisme ou à l’ignorance des personnes qui pourraient lui venir en aide…
Début août 1981, Ana et Paquita sa meilleure amie quittent Buenos Aires pour poursuivre leurs études en France à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Dès leur arrivée, elles découvrent que l’appartement qu’elles vont louer n’est pas tout à fait ce qu’elles espéraient. L’endroit est sordide et délabré mais, n’ayant pas le choix, elles acceptent de rester. Elles font aussi la connaissance de leur voisin, nommé Paul, qui les rassure en leur promettant de les aider à remettre leur logement en état. Ce dernier a d’ailleurs fait une grande impression à Paquita. Ce qui tombe plutôt bien puisque les deux jeunes filles ont encore du temps avant de débuter leurs cours à l’École Nationale Supérieure d’Architecture. Elles font alors plus ample connaissance avec Paul. Les jours passent et après quelques modifications notables, grâce à l’aide de Paul, leur appartement est enfin vivable. Paquita décide alors de tenter sa chance avec le voisin et réussit son coup. Pour Ana et Paquita tout semble aller pour le mieux. Septembre est arrivé à grands pas, elles commencent leurs cours à l’École Nationale Supérieure d’Architecture. Mais l’entente entre Ana et Paquita ne va pas durer. En effet, lors d’un week-end à Trièves dans une vieille ferme appartenant à Paul, ce dernier et Ana ont une aventure. Paquita qui les a surpris, de retour à Grenoble, décide de déménager et de ne plus adresser la parole à Ana. Cette dernière s’en veut beaucoup mais Paul la console en lui disant que Paquita finira par comprendre. Un problème de plus va s’ajouter à la vie d’Ana, et pas des moindres, celui du passé de ses parents. Son père venant d’une grande famille bourgeoise espagnole, Ana a évolué dans un milieu aisé, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de Paquita qui est orpheline. Mais hormis sa grand-mère Isabel, Ana n’a jamais vu personne de sa famille et son frère est mort de la brucellose alors qu’elle avait six ans. Et inconsciemment, si elle est venue en France pour ses études, c’est aussi pour retrouver les traces de sa famille qui lui a manqué. À moitié française et à moitié Argentine, ( sa mère étant française et ayant vécu dans le village de Courtmesnil en Ardennes ), elle pense y retrouver des traces de sa famille.
UN PASSÉ INEXISTANT
Fin décembre, après avoir cherché dans les archives du village de Courtmesnil, les recherches d’Ana ne sont pas plus abouties que celles qu’elle avait effectuées à Barcelone en Espagne. De plus, personne ne semble se souvenir du nom de Machy et pourtant il s’agit de celui de sa mère avant qu’elle ne prenne le nom de son mari et n’hispanise son prénom. Un mois plus tard, Ana reçoit la visite de sa mère et tente de lui soutirer des renseignements. Mais dès qu’elle lui avoue qu’elle est allée se renseigner sur sa famille dans le village de Courtmesnil et que personne ne semblait les connaître, sa mère semble gênée, mais elle trouve tout de suite une explication. Elle explique que la période où elle résidait à Courtmesnil se situait durant la seconde guerre mondiale et elle prétexte que les gens n’ont pas trop envie de souvenir de cette époque ni des évènements tragiques qui s’y sont produits. Encore une fois, la discussion d’Ana avec sa mère ne mène à rien et elle n’arrive pas à en savoir plus. Mais un nouvel indice va lui montrer la voie à suivre. Le soir même, en pleine nuit, Ana entend sa mère pleurer. Cette dernière lui explique que c’est à cause du livre qu’elle lui a prêté, intitulé « La corde ». Le livre relate l’histoire d’une jeune étudiante qui découvre qu’elle n’est pas la fille de sa mère, nommée Julienne. Elle apprend plus tard que sa véritable mère est Teresa, la sœur de Julienne. Toutes deux étaient juives et lors de la seconde guerre mondiale, Julienne a dénoncé Teresa qui est morte dans un camp de concentration. Ana est donc surprise de la réaction de sa mère et se demande si elle n’a pas vécu quelque chose de similaire. Une fois sa mère partie, elle décide de rencontrer l’auteure du roman, Julienne Robert, car elle est persuadée que c’est une histoire vécue et qu’elle a peut-être un rapport avec celle de sa famille. Peu de temps après cette décision, elle se réconcilie avec Paquita qui est à nouveau là pour l’épauler, avec en plus Paul toujours à ses côtés. Dès lors, ajoutés à sa rencontre avec Julienne Robert, les évènements vont prendre une toute autre tournure et des souvenirs du passé, qui étaient restés bien enfouis commencent à remonter à la surface, et à aider Ana à comprendre pourquoi elle n’a jamais rien su sur sa famille…
UN NOUVEAU REBONDISSEMENT POUR CETTE SUITE DU RÉCIT DE « L’ÉCHARDE »
« La corde » en deux tomes est la suite de l’« L’Écharde » le premier récit de la collection « Secret ». L’histoire du roman intitulé « La corde » de Julienne Robert ressemble étrangement à celle d’Annette, l’héroïne de l’« L’Écharde » qui après le suicide de son père veut découvrir ce qui a poussé ce dernier à agir ainsi. Elle découvre, alors qu’elle a été adoptée, ce qui est arrivé et qui est sa véritable mère. Le personnage principal de « La corde », Ana, est lui-même persuadé que cette histoire n’est pas étrangère à sa mère mais il n’arrive pas pour l’instant à faire la relation entre le récit et le secret de sa famille. D’autant que du côté de son père, nommé Carlo, tout n’a pas l’air très clair non plus. Apparemment il chercherait à cacher ses véritables origines. Ana a donc du fil à retordre pour remettre de l’ordre dans tous les indices qu’elle a récoltés et replacer tous les évènements tels qu’ils se sont déroulés à partir de l’enfance de ses parents jusqu’à leur rencontre. Et elle n’a pas fini d’être surprise ! Le récit de « L’Écharde » se déroule en 1968 et celui de la « La corde » 13 ans après. Là encore les évènements douloureux de la seconde guerre mondiale ayant donné lieu à des secrets familiaux inavouables remontent à la surface. Le récit de Frank Giroud est donc à la fois très émouvant et intrigant. Le lecteur peut en effet très vite se mettre dans la peau d’Ana et ressentir les inquiétudes qu’elle a au sujet des origines troubles de ses ascendants. En revanche pour bien cerner le récit de « La corde », mieux vaut avoir lu « L’Écharde » auparavant. Au niveau du graphisme, la dessinatrice Marianne Duvivier est fidèle à celui qu’elle a réalisé pour « L’Écharde », de même pour la colorisation de Bertrand Denoulet. Dès les premières pages, le lecteur peut ainsi se replonger facilement dans l’atmosphère très particulière de « L’Écharde », avec aussi ses personnages aux physiques peu communs. Pas de dépaysement donc lorsque l’on découvre le récit de la « La corde », mais encore des mystères sur un secret de famille, qui une fois révélé, n’épargnera personne. Le premier tome de « La corde » est donc intéressant à la fois pour son côté historique mais aussi au niveau de l’intrigue qui ne cesse de croître au fil des pages. L’album est disponible depuis le 28 mai 2010.
Couverture : Secrets, La corde par Duvivier Giroud © Dupuis 2010
| FICHE TECHNIQUE | |
| Parution | - |
| Sens de lecture |
- |
| Genre | Historique |
| Nombre de pages |
56 |
| Editeur | Dupuis (Collection : Dupuis « Grand Public ») |
| Scénariste(s) |
Frank Giroud |
| Dessinateur(s) |
Marianne Duvivier |
| Coloriste(s) | Bertrand Denoulet |
| Public concerné |
+16 |
| Prix |
13,50 euros |
| Date de sortie |
28 mai 2010 |
| Site officiel |
dupuis.com |
