We are the Night tome 1, la critique BD
Le soleil vient de se coucher sur Lyon. Au cœur de la ville, un homme dénommé Valéry, travaillant la nuit en tant qu’agent de sécurité, se réveille et se rend comme tous les jours dans un bar afin de boire sa petite bière quotidienne. Sur le trajet, une voiture de police le croise. À l’intérieur se trouve deux policiers en patrouille. L’un des deux tente d’expliquer à son coéquipier qu’il existe des coïncidences étranges entre la mort d’Abraham Lincoln et celle de Kennedy. L’autre ne semble pas très intéressé par la conversation. Au moment même où la voiture passe devant l’arrêt du tramway, un homme, appelé Lorenzo, sort du tramway et se dirige vers un immeuble. En passant dans le couloir où se trouve l’appartement de son ami, il entend une conversation entre une mère et sa fille. Cette dernière prénommé Malika ne comprend pas pourquoi Zarma, sa mère, l’empêche de sortir alors que son frère peut faire ce qu’il veut. Malika énervée sort pour jeter une poubelle dans le vide-ordure et afin de le prévenir de son retard, appelle son meilleur ami, Pierre, qu’elle devait rejoindre. Elle lui explique qu’elle va devoir attendre que sa mère s’endorme pour sortir en cachette. De son côté, Pierre a une lourde responsabilité car il a promis à Malika de l’aider à perdre sa virginité pour la sauver d’un mariage forcé. Un service que Malika lui a demandé sans se douter qu’il est réellement amoureux d’elle et ce depuis longtemps. Pendant que Pierre attend sagement Malika, dans un appartement voisin, une jeune femme nommée Georgia se prépare afin de passer une soirée avec son amie Sandra. Mais son mari, sagement assis dans le canapé, savourant une bière, sait pertinemment qu’elle va rejoindre son amant. Une fois Georgia partie, son mari appelle Bo, un de ses amis qui a pris en filature sa femme. Il lui annonce alors qu’il va accomplir sa vengeance le soir même, avec son aide.
DES DESTINS QUI SE CROISENT, CRÉANT DES ÉVÈNEMENTS PARFOIS INATTENDUS !
Bo et le mari de Georgia suivent donc leur proie afin de commettre leur larcin. En même temps un taxi prend en charge une jeune femme blonde en pleurs. Pendant ce temps, de l’autre côté de la ville, Cyril, le frère de Malika est en train de comploter un braquage avec ses amis. De leur côté, les deux policiers qui passent non loin de l’endroit où se trouvent les jeunes hommes, ne se doutent encore pas de ce qui se trame. Un peu plus loin ils passent devant une boutique de vêtements où une jeune femme brune est en train d’habiller les mannequins de la boutique. Pour elle, sa journée est bientôt terminée. Son labeur fini, elle s’en va, laissant sa patronne seule dans la boutique. Elle s’empresse de prendre le métro d’où sort un homme qui est en fait l’amant de Georgia. Sorti du métro, il rejoint sa maîtresse dans l’hôtel où ils se sont donné rendez-vous. Le mari de Georgia et Bo, posté dans leur voiture, le voyant arriver, attendent qu’il pénètre dans l’hôtel pour trafiquer la voiture de Georgia. Pendant ce temps, les deux policiers reçoivent un message comportant une photo de la petite amie d’un de leur collègue, Franck, qui n’est pas venu patrouiller avec eux, préférant passer du bon temps. Il s’avère que cette femme est Georgia. La voiture de police passe alors sur un pont où se trouve la jeune femme blonde qui était précédemment dans le taxi. Passée de l’autre côté de la rambarde, elle a l’intention de sauter. De son côté, Valéry repense à son ex, Charlotte, et aimerait bien reprendre contact avec elle. Il ne sait pas que cette dernière est en train de préparer un mauvais coup à son patron, un avocat, qu’elle considère comme un escroc. Le temps s’écoule ainsi et tous les personnages cités précédemment, ainsi que d’autres intervenants, se croisent, soit parce qu’ils se connaissent soit accidentellement, allant inévitablement vers leur destinée. C’est ainsi que la jeune femme brune va tenter d’aider la blonde à ne pas se jeter dans le vide ou bien encore que Bo aide le petit ami de son frère qui est Lorenzo…
DES ÉVÈNEMENTS QUI S’ENCHAÎNENT COMME DANS UN FILM !
«We are the Night» est une série en deux tomes, scénarisée par Antoine Ozanam («E dans l’eau» chez Drugstore) et dessinée ainsi que colorisée par Kieran. Le concept est original et présente dix-neuf portraits de personnes dont le destin de certains va se croiser. Tous ont une vie plus ou moins mouvementée qui les amène à faire des choix bons ou mauvais. Dans ce premier tome l’action se passe entre 20 heures et 1 heure du matin, une demi-nuit très agitée où les sentiments de chacun s’expriment librement telle la haine, le désespoir, le bonheur… Quatre vingts pages décrivant aussi les intentions des divers protagonistes comme les projets de meurtre, de braquage ou bien encore de vol. L’action est donc souvent présente mettant en scène les acteurs dans diverses situations. À ce sujet, la conception du scénario est finement menée de même que les transitions entre les dialogues, car Antoine Ozanam passe de l’histoire d’un personnage à l’autre à chaque fois que ceux-ci se croisent. Ainsi les différents destins s’entrelacent avec une facilité déconcertante. Au niveau du dessin, cette fluidité entre le passage d’un personnage à un autre se déroule comme certaines scènes de films où le réalisateur zoome d’un acteur à l’autre pour lui donner plus où moins d’importance ou de présence. Les événements s’enchaînent ainsi laissant par moment place au suspense, comme lorsque la jeune femme blonde veut se jeter dans le vide et que certains personnages passent devant elle sans l’apercevoir jusqu’au moment où l’un d’entre eux tente de l’aider. Le final du tome un, où certains protagonistes vont se rencontrer, est explosif et laisse présager une suite mouvementée et peut-être dramatique. Côté colorisation, les couleurs sont assez sombres du fait que les histoires se passent en pleine nuit et c’est aussi un moyen de faire ressortir l’atmosphère intrigante parfois même angoissante, tout comme dans un bon polar. Antoine Ozanam et Kieran ont donc réalisé une BD riche en dialogues avec un dessin au visuel filmique qui sera disponible dès le 25 mars 2010. À savoir le 7 avril 2010 paraîtra dans la collection KSTR aux éditions Casterman, un album de 80 pages intitulé «L’amourir» scénarisé par Antoine Ozanam et dessiné par Tentacle Eye.
Couverture : © Ankama
| FICHE TECHNIQUE | |
| Parution | - |
| Sens de lecture |
- |
| Genre | Polar |
| Nombre de pages |
80 |
| Editeur | Ankama (Collection Hostile Holster) |
| Scénariste(s) |
Antoine Ozanam |
| Dessinateur(s) |
Kieran |
| Coloriste(s) | Kieran |
| Public concerné |
+16 |
| Prix |
14,90 euros |
| Date de sortie |
25 mars 2010 |
| Site officiel |
ankama-editions.com |
