Interview de Laura Zuccheri !
À l’occasion de la sortie de la série « Les épées de verre » aux éditions « Humanoïdes Associés », DigitalUnivers.com vous propose aussi une interview de l’excellente dessinatrice Laura Zuccheri qui va vous permettre d’en savoir plus sur son parcours, sur ses techniques graphiques utilisées ainsi que sur ses projets futurs. Nous tenons tout particulièrement à remercier, la dessinatrice Laura Zuccheri et Les Humanoïdes Associés pour nous avoir donné l’opportunité de réaliser cette interview.
Quel a été votre parcours avant de devenir la dessinatrice de la série « Les épées de verres » ?
J’ai toujours eu une forte prédisposition pour le dessin – j’ai commencé a dessiner à l’âge de 5-6 ans. Petite, je construisais des maisons pour mes poupées et je créais des histoires dessinées. Tout m’intéressait, une branche, un arbre, un cheval… tout ce que je voyais, je voulais le dessiner.
Une fois mes études terminées, j’ai travaillé pour un atelier de graphique publicitaire, à Bologne. Puis j’ai enchaîné pendant un an et demi sur différentes missions pour d’autres agences. C’est mon père, passionné de bd, qui m’a conseillé de me lancer. Petite, j’en avais lu beaucoup, mais le déclic, je l’ai eu en découvrant « Blueberry », de Giraud, en 1991. Il m’est apparu clairement, alors, que le dessin, c’était ma vie ! Alors j’ai commencé à travailler et à m’exercer, d’abord en copiant ses planches à l’encre de Chine et au pinceau, puis en dessinant, peu à peu, les miennes, sans modèle.
Je suis allée voir les éditeurs de Lucca Comics, avec mes dessins sous le bras, dans l’espoir de trouver du travail. Là, j’ai rencontré Berardi et Milazzo, les auteurs de Ken Parker, qui ont aimé ce que je leur ai présenté, et m’ont proposé de travailler avec eux.
A commencé pour moi une période d’apprentissage et de travail intenses. Je m’étais établie à Chivari (en Ligurie). Je travaillais avec Frisenda, Barbati et Bortolotti sous la supervision de Berardi, on y passait nos jours et nos nuits. On travaillait comme des fous, tout le temps, même le dimanche pour le magazine mensuel Ken Parker. Un numéro bouclé, j’enchaînais sur Les Condamnés, avec Frisenda, ou encore sur une histoire de science fiction pour Zone X…
En 1997, j’ai commencé à collaborer sur la série Julia, avec Berardi, et c’est en 2001 que j’ai décidé de développer des projets personnels : écrire des histoires, créer des personnages, travailler mon dessin et mes couleurs… J’ai expérimenté pas mal de techniques de mise en couleurs, et puis j’ai découvert la peinture. J’ai commencé à peindre d’après nature tout en continuant à avancer sur des projets de bande dessinée en parallèle. J’ai rencontré les éditeurs des Humanoïdes Associés en 2005. On a suivi quelques pistes, sur différents projets, puis ils m’ont fait connaître Sylviane Corgiat, et nous avons commencé ensemble à travailler sur le projet des Epées de verre.
Quelles sont les techniques que vous avez utilisées pour le dessin ?
Mon style et ma technique se nourrissent de mes propres expérimentations, et d’influences que je revendique :
- L’œuvre de Miyazaki
- La peinture du XIXème, l’illustration
- Les comics américains
Sinon, j’utilise l’aquarelle et parfois je solidifie les acryliques. Je repasse le tout à l’encre de chine.
Combien de temps avez-vous mis pour dessiner le tome 1 « Yama » sachant que le dessin est très détaillé et soigné ?
J’ai commencé le premier tome en 2006 et je l’ai terminé en novembre 2007.
Comment le personnage de Yama est-il né ?
Pour les personnages je m’inspire de mes amis, ou d’acteurs. “Yama”, par exemple, est une amie et “Dolmon” aussi. Pour « Yama », elle a mon caractère et ma personnalité. C’est un personnage déterminé, impulsif et fort. Yama petite fille ressemble beaucoup à l’enfant que j’ai été. Pour « Myklos », en revanche, je me suis inspiré de l’acteur Mel Gibson.
Vous êtes vous inspirée de décors réelles ou sont-ils totalement imaginaires ?
Pour l’architecture de la cité ou du Palais, je m’inspire de ce que je vois dans les villes ou dans les livres.
Les créatures sont ma spécialité ; il suffit d’un museau, d’un motif d’ailes de papillon, du déhanchement d’un chien, pour que, à partir de tous ces éléments, me vienne l’idée de créer tels ou tels êtres imaginaires. Les indications de Sylviane sont très stimulantes pour moi. Nous sommes, Sylviane et moi, sur la même longueur d’onde, c’est très agréable de travailler ensemble.
Quant à la campagne, autour du village : je m’inspire des paysages, là ou j’habite. Les habitations de Karelane sont les vieux hameaux abandonnés de l’Emilie-Romagne. Karelane est un mixe entre Dubrovnik, Lecce et Siracuse. Les montagnes, les bois, les clairières de Yama sont celles qui entourent ma maison.
Avez-vous déjà commencé le deuxième tome des « Épées de verre » ?
Je suis en train de travailler au deuxième tome. C’est un album très complexe, qui demande un grand soin dans le dessin et la mise en scène. Ce sera une surprise pour les lecteurs !
Quels sont les univers qui vous passionnent le plus ?
J’aime beaucoup la “Fantasy”, la Science-Fiction et le Western.
Avec quels scénaristes aimeriez-vous travailler ?
J’aime beaucoup travailler avec Sylviane Corgiat, car ce qu’elle écrit stimule mon imagination et ma créativité.
Pour d’autres collaborations, on verra dans le temps.
Sur quelles séries travaillez-vous actuellement ?
En même temps que les Epées de Verre, je travaille à un projet de Western. Une histoire passionnante et très captivante. La technique sera différente, une nouvelle manière d’utiliser les couleurs.
Quels sont vos projets futurs ?
Je développe pas mal la peinture, mais je ne cache pas que j’aimerais beaucoup travailler comme “designer” de personnages pour le cinéma.
J’espère continuer de dessiner des histoires de fantasy et de science fiction. Dans Les Epées de verre, j’aime particulièrement les personnages de Dolmon et Vango, qu’on aperçoit dans le 1er tome. Je crois que se sont des personnages d’humains “modifiés” plutôt réussis. Peut-être, d’ailleurs, que je développerai le personnage de Vango…
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