Interview de Sylviane Corgiat !
À l’occasion de la sortie de la série « Les épées de verre » aux éditions « Humanoïdes Associés », DigitalUnivers.com vous propose une interview de la scénariste Sylviane Corgiat qui a bien voulu répondre à nos questions sur cette superbe bande dessinée. Nous tenons tout particulièrement à remercier, la scénariste Sylviane Corgiat et Les Humanoïdes Associés pour nous avoir donné l’opportunité de réaliser cette interview pour en savoir un peu plus sur cette série.
Comment est né le projet « Les épées de verres » ?
Laura Zuccheri m’a montré quelques dessins qu’elle avait faits pour un autre projet qui n’a pas pu voir le jour et m’a décrit ce qu’elle aimerait dessiner. C’est à partir de ces points de départ que j’ai imaginé mon histoire, toujours en me concertant avec la dessinatrice et ses envies graphiques.
Comment s’est passée votre collaboration avec Laura Zuccheri ?
C’est une interaction très forte entre nous deux : j’écris en fonction de ce que je sais comme de ce que je sens d’elle, elle réalise un premier crayonné des planches, nous revoyons ensemble la mise en scène et au final, je refais une dernière version des dialogues. Nous communiquons beaucoup via Internet et alternativement en français ou en italien.
Vous êtes vous inspirée d’une légende en particulier ?
Non, c’est plutôt un joyeux mélange qui part d’une réalité (heureusement fort lointaine) : comme toute étoile le soleil finira par épuiser son combustible, il mourra et par conséquent le système qui dépend de lui mourra aussi. J’aimais bien l’idée de créer un monde de fantasy qui souffre de graves problèmes environnementaux, écologiques ou climatologiques… Les épées sont des emblèmes traditionnels issus aussi bien de la légende du Roi Arthur que de toute une littérature d’aventures ou de fantasy où un héros entretient un rapport particulier avec une arme fétiche ou une arme douée d’une personnalité propre. Chaque épée de verre dans l’histoire est dotée d’un dispositif de protection qui ne reconnaît qu’une seule et unique personne pour l’extraire de son socle (comme l’épée d’Arthur), faute de quoi les tentatives malheureuses se soldent par une vitrification (ce qui peut rappeler la pétrification que la Méduse grecque infligeait à ceux qui croisaient son regard).
La référence principale pour Les Epées s’il fallait vraiment en avoir une, ce serait Myazaki pour sa fraîcheur, son rapport à la nature, sa dimension philosophique toujours présente derrière les contes les plus fantaisistes, en apparence.
Le personnage de Miklos qui est intrigant, a-t-il autant d’importance que l’héroïne Yama ?
Oui, dans mon esprit, c’est un tandem que forment les deux personnages. Yama occupe le centre de ce cycle car le fil rouge est fourni par l’histoire de sa vengeance.
Leur personnalité va-t-elle évoluer au fil de l’histoire ?
Yama passe de l’enfance à l’âge adulte. Mais à la fin de la trilogie, il lui restera encore beaucoup à apprendre car une grande partie de son enfance lui a été volée. Elle devra faire le deuil de ses parents (c’est ce deuil impossible qui alimente sa soif de vengeance), alors seulement elle pourra recommencer à « grandir » !
Quant à Miklos, c’est un personnage lui aussi complexe qui ne cesse d’évoluer. D’abord un soldat impitoyable et ambitieux. Puis une histoire d’amour malheureuse le transforme en ermite attendant la mort. Sa rencontre avec Yama le décide à affronter son destin. Il s’attachera à elle et contrairement à tout ce qu’il aurait pu croire de lui-même, il ira jusqu’à s’approprier le désir de vengeance de la jeune fille… Bref, c’est un personnage qui se défait au fil de sa vie de toutes ses carapaces pour découvrir sa part d’humanité…
Savez-vous combien de tomes comprendra la série les « Épées de verre » ?
A priori trois volumes pour terminer l’histoire de Yama qui constitue un mini-cycle en lui-même. La suite dépendra du succès de la série.
Pouvez-vous nous dire à quoi peuvent s’attendre les fans sur cette série ?
La quête initiatique est un prétexte pour permettre aux personnages de vivre leur quête personnelle : se venger, devenir une adulte et devenir une femme pour Yama ; se guérir du passé et accomplir une vieille promesse pour Miklos, et d’autres personnages à venir auront chacun une motivation qu’ils vont plaquer sur l’Épée et qui les poussera dans le sens d’une prophétie alors qu’ils ne sont ni messies, ni religieux… Si le succès est au rendez-vous, il peut en effet y avoir un deuxième cycle après le premier, nous permettant de retrouver deux autres épées, leur réunion donnant vraiment une clé pour que les personnages qui se seront rassemblés dans cette aventure, découvrent un autre monde où les attend une vraie surprise…
Dans votre carrière de scénariste, quel secteur vous passionne le plus ?
La bande dessinée me permet de raconter des histoires avec un premier lecteur qui n’est autre que celui ou celle qui va la dessiner. C’est cette façon d’écrire pour autrui, d’écrire pour des images qui est passionnante et unique avec la bande dessinée.
Sinon, bien sûr, comme la peinture est peut-être l’idéal de Laura Zuccheri, c’est le roman qui est le mien…
Avec quels dessinateurs aimeriez-vous travailler ?
Pour les raisons que j’ai décrites, je pense que l’aventure d’une bande dessinée est avant tout celle d’une rencontre. A priori, les styles de dessin qui m’attirent le plus sont ceux qui outre l’originalité, entretiennent peut-être des connexions ou des connivences avec les autres arts, la peinture ou le cinéma.
Avez-vous des projets en cours et futurs ?
J’aimerais beaucoup reprendre une collaboration avec Corrado Mastantuono, malheureusement mise en sommeil après le tome 3 d’Élias le Maudit. Je trouve que c’est un dessinateur génial – et méconnu en France. Sinon, ma collaboration avec Laura Zuccheri me comble, nous pensons ensemble à d’autres sujets dans un genre fort différent de la fantasy…
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